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HUMTEC, une ONG pas comme les autres

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Les Organisations non gouvernementales plutôt connues par leur acronyme « ONG » ont depuis plusieurs décennies une notoriété dans tous les domaines, il n’est pas exagéré de dire qu’elles sont incontournables dans tout projet ayant pour objet le bien-être de l’humanité.Elles sont en première ligne dans les zones de conflits, au chevet des populations victimes de calamités naturelles, d’épidémies, de famine, de discriminations ou autres formes de violence. Particulièrement engagées, elles comblent les carences de certains Etats qui sont dans l’incapacité d’assurer leurs obligations envers les populations.

L’action de Humanitarian Technopole, Humtec en acronyme, s’inscrit certes dans cette logique, mais, comme disait un jour un enseignant d’un collège de la ville venu au lycée Djignabo visiter les réalisations de cette ONG française : « ces gens-là sont différents ». Il n’avait pas tort d’utiliser des mots sobres, car il aurait fallu une longue dissertation pour parler de la particularité de Humtec par rapport à ce qu’on appelle communément « l’action humanitaire ».

Notre champ d’action: le NTIC.

Alors que la plupart des ONG interviennent dans la lutte contre la misère, les guerres, les épidémies… Humtec choisit d’investir les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC).

Laurent Piolanti, responsable du projet Djignabo s’expliquant sur cette orientation commence par son engconnecting_img1agement dans l’humanitaire. Cet ancien photoreporter, après avoir côtoyé les horreurs de la guerre dans les Balkans et en Palestine, a décidé de s’investir pour le bien-être des hommes. Convaincu avec Montaigne que « les belles âmes, ce sont les âmes universelles et les âmes instruites… », il choisit de s’investir dans l’éducation. « Cependant, en tant qu’ingénieur en Informatique, ajoute-t-il, j’ai pensé naturellement qu’il fallait voir ce que ma qualification professionnelle peut apporter à ce domaine ». A sa suite, Sophie de Herdt, Présidente du l’ONG explique que leur Association s’est rendu compte qu’aujourd’hui on ne peut dissocier les NTIC de l’éducation, « elles sont incontournables ». « Au rythme où se développent les NTIC dans le monde, ajoute-elle, il me paraît indispensable qu’il y ait un engagement des pays développés en faveur des pays en développement, sinon la fracture numérique sera telle qu’il sera impossible de communiquer entre les peuples, ce qui favorisera l’incompréhension voire les conflits.

Abordant le phénomène « Internet », Sophie et Laurent le voient comme « l’Idée même du partage, le village planétaire en numérique, le rendez-vous du donner et du recevoir ». En effet, une école ouverte à l’Internet, c’est une administration, des enseignants et surtout des élèves (avenir de la nation) ouverts à d’autres expériences, à des connaissances diverses mais aussi à d’autres peuples. Par ailleurs, il est de moins en moins acceptable, selon Humtec, de voir des bacheliers qui n’ont jamais touché à un clavier d’ordinateur.

Agir directement sur les nécessiteux.

Lors de l’inauguration de la salle informatiqueconnecting_img1 financée (après les deux salles des élèves) par Humtec - exclusivement réservée aux professeurs - le proviseur a fait remarquer la démarche singulière « des partenaires de Humtec qui, en tant qu’ONG, ont choisi de s’installer dans l’école et de partager les expériences avec la communauté du lycée …» .Ceux-là, ce ne serait pas faux de les appeler « les humanitaires du concret ». En effet, en trois ans Humtec a certes investi en matériel avec des équipements informatiques de dernière génération (modem-routeur, wifi, connexion haut débit 1 gigabit. En plus, Humtec s’est pleinement investi dans la formation de ressources humaines (une équipe de six enseignants) aujourd’hui capables de gérer le dispositif informatique et donc de le pérenniser. « Le constat que nous avons fait à ce sujet, justifie Sophie, est que dans plusieurs cas d’interventions humanitaires, rien n’est fait pour qu’il y ait une suite à l’intervention d’urgence. Notre philosophie à Humtec à ce propos, c’est de faire des bénéficiaires de nos actions des « producteurs » et non des « consommateurs uniquement ». Après l’urgence, nous oeuvrons à mettre en place les moyens nécessaires à une autonomie des bénéficiaires ».

D’autre part, Humtec n’aime pas trop les sommets et autres grandes rencontres. Selon Laurent Piolanti, certes cela fait partie du jeu, on y trace les voies, les grandes orientations, mais c’est souvent l’occasion de faire de belles phrases, des déclarations d’intention. Le mieux pour une ONG c’est de « veiller à la mise en pratique de ses idées en faveur des présumés bénéficiaires qui eux, ne sont jamais invités aux conférences ». C’est peut-être pour cette raison que l’action de Humtec n’est pas très connue du grand public. « Chez nous, explique Laurent, c’est plutôt la discrétion et le pragmatisme dans la démarche. D’ailleurs en Europe, certains ne sont pas conscients de la nécessité de notre action car ils n’imaginent pas qu’il y a quelque part dans le monde, notamment en Afrique, des gens qui n’ont jamais touché à un clavier d’ordinateur. Il est donc important d’intervenir directement sur les principaux intéressés pour que, à travers les portails Internet qui seront créés, le monde entier voit par lui-même la situation ».

Les réalisations de Humtec sont impressionnantes. Au Lycée Djignabo de Ziguinchor, au sud du Sénégal, immense lycée par la taille mais aussi par ses effectifs, le partenariat avec l’ONG française a permis de faire de Djignabo un des Lycée les plus modernes du Sénégal. Une journaliste du grand quotidien français La Croix de passage a avoué que « certains établissements en France ne disposent pas encore d’un tel dispositif informatique ».

Y. DIATTA